À retenir

Le crédit à la consommation est encadré avant, pendant et après la signature

En Belgique, les règles ne commencent pas au moment où vous signez. Elles encadrent déjà la publicité, l’identification du prêteur ou de l’intermédiaire, la collecte d’informations, l’analyse de solvabilité et les informations précontractuelles. Elles continuent ensuite avec le contenu du contrat, la rétractation, le remboursement anticipé, les incidents de paiement et les voies de recours.

Cadre légal

Quelles règles encadrent le crédit à la consommation en Belgique ?

Le SPF Économie indique que les contrats de crédit à la consommation doivent notamment respecter les dispositions des Livres VI et VII du Code de droit économique. Ces règles couvrent la protection du consommateur, la publicité, l’information précontractuelle, la conclusion et l’exécution du contrat de crédit.

Le crédit à la consommation vise, de manière générale, un crédit accordé à une personne physique agissant principalement dans un but privé pour financer un bien meuble, un service ou d’autres besoins privés. Un financement professionnel ou un crédit hypothécaire relève d’autres règles ou d’un autre régime.

01

Avant le contrat

Publicité, identification de l’acteur, collecte des informations, solvabilité, consultation de la CCP, informations et explications.

02

Au moment de signer

SECCI, contenu du contrat, TAEG, montant total dû, durée, remboursement et éventuelles garanties ou assurances.

03

Après la signature

Rétractation, paiement des échéances, remboursement anticipé, gestion des difficultés et traitement des litiges.

Important : cette page présente les principales règles utiles au consommateur. Elle ne remplace ni le texte légal complet, ni un avis juridique sur un cas particulier.

Prêteurs & intermédiaires

Qui peut proposer ou négocier un crédit à la consommation ?

Un crédit ne devrait pas être traité avec un acteur impossible à identifier. La FSMA publie les listes et registres permettant de vérifier les prêteurs et les intermédiaires actifs en Belgique. Pour l’intermédiation, la FSMA distingue notamment trois catégories : courtier de crédit, agent lié et agent à titre accessoire.

Une personne qui n’est pas prêteur et qui, à titre professionnel et contre rémunération, présente ou propose des contrats, assiste le consommateur dans leur préparation ou conclut des contrats pour le compte d’un prêteur doit disposer de l’inscription requise. La FSMA précise aussi que l’inscription en crédit hypothécaire et celle en crédit à la consommation sont distinctes.

Courtier

Met en relation consommateurs et prêteurs

Il n’agit pas comme agent lié à un prêteur déterminé. Son statut peut être vérifié dans le registre FSMA.

Agent lié

Agit sous la responsabilité d’un prêteur ou groupe

Son positionnement doit être compris par le consommateur afin de savoir au nom de qui il intervient.

Agent accessoire

Le crédit accompagne une activité non financière

Par exemple lorsqu’un vendeur de biens ou services intervient accessoirement dans le financement proposé au client.

Contrôle utileVérifiez l’identité juridique et le statut FSMA avant de transmettre des documents sensibles ou de payer quoi que ce soit.
Voir notre annuaire des organismes
Publicité

La publicité pour un crédit est elle-même réglementée

Une publicité pour du crédit ne peut pas présenter le financement comme s’il était sans conséquence. En Belgique, la publicité relative au crédit à la consommation doit notamment comporter l’avertissement « Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent. »

Lorsque la publicité donne des renseignements chiffrés sur le coût d’un crédit, le SPF Économie indique qu’elle doit présenter de façon claire et visible les informations de base permettant de comprendre ces coûts et de comparer l’offre. Un « 0 % » ou une mensualité très faible doit donc être lu avec prudence : il faut vérifier le TAEG, la durée, les conditions de l’offre et l’éventuel paiement final.

Devant une publicité de crédit, vérifiez au minimum :

  • qui est réellement le prêteur et, le cas échéant, l’intermédiaire ;
  • le TAEG lorsqu’il est applicable et les hypothèses de l’exemple présenté ;
  • le montant, la durée et le nombre d’échéances ;
  • les éventuelles conditions liées à une promotion ;
  • si la mensualité affichée cache un dernier paiement beaucoup plus élevé.
Avant l’octroi

Le prêteur doit évaluer la solvabilité du consommateur

Avant d’accorder un crédit, le prêteur doit recueillir les informations permettant d’apprécier la situation financière du consommateur. Le SPF Économie insiste sur la nécessité d’analyser les revenus, les charges, les engagements existants et les éléments pertinents permettant de déterminer si le crédit proposé est adapté.

La Banque nationale de Belgique rappelle également que les prêteurs sont légalement tenus de consulter la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) avant d’accorder un prêt et d’y déclarer les contrats de crédit concernés. La CCP recense les crédits à la consommation et crédits hypothécaires privés des personnes physiques en Belgique, ainsi que les éventuels défauts de paiement enregistrés.

Obligation du prêteur

Il ne peut pas se contenter d’un simple simulateur. Il doit obtenir et analyser des renseignements pertinents sur la situation financière avant sa décision.

Obligation du consommateur

Le consommateur doit fournir des informations exactes et complètes. Une analyse correcte suppose que les revenus, charges et engagements soient présentés honnêtement.

Le droit à une information correcte ne signifie pas qu’il existe un droit automatique au crédit : un prêteur peut refuser une demande. En cas de refus, le SPF Économie indique qu’il doit informer gratuitement le consommateur des bases de données qu’il a consultées ainsi que des coordonnées des responsables de ces fichiers.

Avant de signer

SECCI, explications et conseil : vous devez pouvoir comprendre l’offre

Avant la signature, le prêteur ou l’intermédiaire doit remettre les informations européennes normalisées relatives au crédit aux consommateurs, généralement appelées SECCI. Ce document standardisé sert à présenter les principales caractéristiques de l’offre de manière comparable : type de crédit, montant, durée, TAEG, échéances, coût et autres informations nécessaires.

Le SPF Économie précise que la remise des documents ne suffit pas : le prêteur ou l’intermédiaire doit fournir les explications nécessaires. Le consommateur peut également demander gratuitement un projet de contrat. Les informations doivent permettre de comprendre si le crédit est adapté au projet, quand et combien il faudra rembourser, et ce qui se passe en cas de difficulté.

Montant & duréeCombien est mis à disposition et pendant combien de temps ?
TAEGQuel est le coût annuel global présenté pour l’offre ?
ÉchéancesCombien, quel montant et à quelle fréquence ?
Coût totalCombien aurez-vous payé au total selon les conditions prévues ?
RetardQuelles conséquences sont prévues en cas de non-paiement ?
RétractationComment et dans quel délai renoncer au contrat ?
Voir comment comparer deux offres de crédit →
Conclusion du contrat

Que doit contenir un contrat de crédit à la consommation ?

Le contrat doit être établi par écrit ou sur un autre support durable permettant de le conserver. Il doit être signé par le consommateur et le prêteur et présenter de manière claire, compréhensible et concise les informations essentielles du crédit.

Parmi les mentions énumérées par le SPF Économie figurent notamment le type de crédit, l’identité du prêteur et éventuellement de l’intermédiaire, la durée, le montant, le taux débiteur, le TAEG, le montant total dû, les conditions de remboursement, les conséquences d’un retard, les sûretés ou assurances éventuelles, le droit de rétractation et les modalités du remboursement anticipé.

Pour un prêt à tempérament ou une vente à tempérament, un tableau d’amortissement doit également être remis avec le contrat. Il permet de suivre, échéance par échéance, le capital, les coûts liés au crédit et le solde restant dû.

Conseil pratique Ne signez pas uniquement sur la base d’une mensualité.

Relisez le TAEG, le montant total dû, la durée, les éventuelles assurances ou garanties et les conséquences d’un retard de paiement.

Après la signature

Le délai de rétractation est en principe de 14 jours

Pour un crédit à la consommation, le SPF Économie indique que le consommateur dispose d’un délai de réflexion de 14 jours pendant lequel il peut renoncer au crédit sans devoir justifier sa décision. Le délai commence en principe le jour de la conclusion du contrat ou, si le contrat est reçu plus tard, le jour de sa réception.

Le SPF précise qu’une lettre recommandée peut être utilisée pour informer le prêteur dans le délai prévu, tout en invitant à vérifier le contrat : celui-ci peut accepter d’autres moyens de notification, par exemple un courrier électronique.

Jour 0Conclusion du contrat

Le délai commence, sauf réception ultérieure des informations contractuelles.

Dans les 14 joursNotification de la rétractation

Respectez la forme prévue par le contrat et conservez une preuve de l’envoi.

EnsuiteAppliquer les modalités de restitution

Les conséquences financières et délais de restitution dépendent de la situation et du contrat : vérifiez les informations reçues du prêteur.

Pendant le crédit

Vous pouvez rembourser un crédit de manière anticipée

Le consommateur peut rembourser son crédit en totalité ou en partie avant la date prévue. Pour les contrats conclus à partir du 1er décembre 2010, l’indemnité de remploi est légalement plafonnée à 1 % du capital remboursé par anticipation lorsqu’il reste plus d’un an, et à 0,5 % lorsqu’il reste moins d’un an. Elle ne peut pas dépasser les intérêts qui auraient été payés sans remboursement anticipé.

Le SPF Économie précise également que le prêteur peut bénéficier d’un préavis de 10 jours et qu’il doit, pour ces contrats, communiquer par écrit le montant de l’indemnité et la manière dont elle est calculée.

OutilVous envisagez de solder ou réduire un crédit en cours ?
Estimer un remboursement anticipé
Retard de paiement

En cas de difficulté, agir tôt est plus utile que laisser les échéances s’accumuler

Les difficultés de remboursement peuvent entraîner des frais, des intérêts de retard, une déclaration négative lorsque les conditions légales sont remplies et, dans certaines situations, l’exigibilité du solde. Le SPF Économie indique notamment qu’en cas de défauts importants prévus par le contrat, le prêteur peut devoir envoyer une mise en demeure avant de pouvoir exiger le solde.

Si une difficulté apparaît, il est préférable de contacter rapidement le prêteur et de demander une solution réaliste plutôt que d’attendre plusieurs échéances impayées. Notre page dédiée au remboursement d’un prêt personnel détaille les difficultés, les retards et les options à examiner.

Attention aux faux prêteurs

Le SPF Économie recommande de se méfier des offres trop avantageuses, des crédits proposés sans analyse de la situation financière et des demandes de frais préalables. Vérifiez toujours l’identité et l’autorisation de l’acteur avant de communiquer des données ou verser de l’argent.

Recours

Que faire en cas de litige avec un prêteur ou un intermédiaire ?

Commencez par rassembler les documents : publicité, SECCI, contrat, tableaux, courriers, preuves de paiement et échanges. Adressez ensuite une réclamation claire au service compétent de l’institution concernée afin de lui permettre de répondre.

Le SPF Économie met également à disposition ConsumerConnect, qui aide le consommateur à identifier ses droits et les démarches possibles. Pour les litiges relevant de sa compétence, Ombudsfin constitue le service de médiation financière extrajudiciaire. Ombudsfin indique pouvoir intervenir notamment pour les prêteurs et les intermédiaires en crédit à la consommation relevant de son champ de compétence, après que le problème a d’abord été soumis à l’entreprise concernée.

1

Réclamation à l’institution

Présentez les faits, votre demande et les documents qui soutiennent votre position.

2

ConsumerConnect

Utilisez la plateforme du SPF Économie pour identifier les droits et le service compétent.

3

Médiation financière

Si les conditions sont remplies, Ombudsfin peut traiter le litige dans le cadre de la médiation extrajudiciaire.

Approfondir

Nos futurs guides sur la réglementation du crédit

Cette page est le hub réglementaire. Les dossiers ci-dessous seront publiés séparément lorsqu’ils auront été vérifiés et relus. Les liens ne s’activent que lorsqu’une page est réellement publiée.

Cadre légalLoi sur le crédit à la consommation en BelgiqueGuide prévu
CodeCode de droit économique et crédit à la consommationGuide prévu
PrêteurObligations du prêteur avant d’accorder un créditGuide prévu
IntermédiaireObligations de l’intermédiaire en crédit à la consommationGuide prévu
RétractationDroit de rétractation d’un prêt personnelGuide prévu
PublicitéPublicité pour le crédit à la consommationGuide prévu
SECCISECCI : comprendre la fiche d’information européenneGuide prévu
ContratContrat de prêt personnel : mentions obligatoiresGuide prévu
ProtectionProtection du consommateur en matière de créditGuide prévu
LitigeQue faire en cas de litige avec un prêteur ?Guide prévu
FSMAFSMA et crédit à la consommation : quel rôle ?Guide prévu
SPF ÉconomieSPF Économie et crédit : quel rôle ?Guide prévu
BNBBNB et Centrale des crédits : quel rôle ?Guide prévu
Questions fréquentes

FAQ sur la réglementation du crédit à la consommation

Un prêteur est-il obligé d’accepter ma demande si je peux payer la mensualité ?

Non. La mensualité n’est qu’un élément. Le prêteur doit évaluer la solvabilité à partir de la situation financière et peut refuser une demande.

Le prêteur doit-il consulter la Banque nationale avant un prêt personnel ?

Oui. La BNB indique que les prêteurs sont légalement tenus de consulter la Centrale des crédits aux particuliers avant d’accorder un prêt.

Ai-je droit au SECCI avant de signer ?

Le prêteur ou l’intermédiaire doit remettre les informations européennes normalisées permettant de comprendre et comparer l’offre avant la conclusion du contrat.

Puis-je annuler un prêt personnel après signature ?

Le SPF Économie indique qu’un délai de réflexion de 14 jours s’applique au crédit à la consommation. Vérifiez les modalités exactes de notification et de restitution dans votre contrat.

Puis-je rembourser mon prêt avant son terme ?

Oui, en totalité ou en partie. Une indemnité peut être prévue mais elle est légalement plafonnée dans les conditions définies par la réglementation.

Comment vérifier si un courtier peut exercer en Belgique ?

Consultez le registre des intermédiaires en crédit à la consommation publié par la FSMA et vérifiez l’identité exacte de la personne ou de l’entreprise.

Que faire si les données BNB sont incorrectes ?

Vous pouvez consulter gratuitement vos données et demander leur correction lorsqu’elles sont inexactes. La BNB détaille les procédures de consultation et de correction sur son site.

Sources officielles

Sources utilisées pour cette page

Vérification éditoriale effectuée le 26 septembre 2026. Pour les points juridiques sensibles, les pages officielles doivent toujours primer sur un résumé éditorial.